Qui sommes-nous ?

Daniil Harms est le collaborateur principal de ce projet, bien qu’involontairement puisque décédé. Nous en parlerons peu sur cette page puisque, tout de même, la majeure partie de ce site lui est consacrée. Mais disons ceci : Daniil a le sens de la mystique autant que de l’absurde. Daniil, c’est un peu le Henry Michaux Russe, le Daumal de la steppe.

Grégory Marza dirige ce projet. Or, étant moi-même lui, je peux vous en toucher deux mots. J’en parlerai par convention à la troisième personne. Il est né en Guyane, a parcouru les mers très jeune pour apprendre les chants bouddhistes, puis a étudié la biologie cellulaire au Guatemala. Parallèlement à cela il perfectionne sa recette de cake à la truite. C’est en travaillant sur cette recette qu’il rencontre Daniil Harms, dans les livres s’entend. Il s’attelle dès lors, à partir de 2015, à adapter les récits de Kharms en vidéo. Il y est encore à ce jour.

Raphaël Almosni est comédien, surtout. Le registre de l’absurde ne lui est pas inconnu puisqu’il joue actuellement dans Allers-Retours de Horvath mis en scène par Alain Batis depuis 2018, et dans L’Autobus de Stratiev mis en scène par Laurence Renn en 2007 puis 2018. Nous nous sommes rencontrés sur le film Entre-Deux, aux accents absurdes, ce qui marqua le début d’une riche collaboration. Mais il est aussi metteur en scène. En 2004 il a mis en scène au théâtre une sélection de texte de Harms, en Corse. Certainement l’embryon du projet HARMS

Julie Allain cadre la plupart des films du projet. C’est la femme à la caméra, celle qui vise, pointe et structure l’image en mouvement. Elle pratique une photographie empreinte de douceur avec une approche où la suggestion l’emporte sur la figuration. Elle a réalisé en 2018 le court-métrage Contrôle, emprunt d’un expressionnisme tout personnel.

Gustave Hauer est né en Bavière en 1971 ; il a passé son adolescence à Guadalajara au Mexique, suivant son père mariachi dans ses périples. C’est là que naît son amour du son, de la musique, qu’il développe jusqu’à un séjour en Europe à 21 ans durant lequel il reste alité en France durant trois mois, suite à la contraction d’une maladie vénérienne fulgurante. Il y compose ses premières pièces bruitistes (dont le célèbre « Kebaboutabetaï 35/8 un jour de pluie ») avant de s’intéresser au rapport complexe bruit-image. Il gère tous les aspects sonores de HARMS.

Alain Batis, je l’ai connu comme metteur en scène. La première mise en scène que j’ai vue a été Nema Problema en 2010, un monologue âpre et poignant sur la guerre dans les Balkans qui m’a profondément ému. Plus tard, il a créé La Femme Oiseau, et porté sur scène des textes propices à laisser éclore une poésie toujours présente, que ce soit sous l’absurde (Horváth), le spirituel (Hinterland de Virginie Barreteau), ou le fantastique (La Neige de Hyakken Uchida). J’ai appris tardivement qu’il avait joué sur scène (Wedekind, Shakespeare, Lorca). Et le voici ici, dans du Harms.